Inondation, tempête, foudre : préparer sa maison aux risques naturels
Protéger son logement ne se limite pas au cambriolage. Inondations, tempêtes, orages, sécheresse qui fissure les murs : ces événements touchent chaque année des centaines de milliers de foyers. On ne les empêche pas, mais on peut connaître les risques de son adresse, préparer la maison et savoir comment se faire indemniser. Voici les outils officiels, les protections utiles et les délais à respecter.
- Connaître son risque
- Protéger la maison
- Indemnisation
1À quels risques votre adresse est-elle exposée ?
Le site public Géorisques affiche, pour n’importe quelle adresse, les risques recensés : inondation, mouvement de terrain, retrait-gonflement des argiles, séisme, radon, feu de forêt, sites industriels.
- État des risques : le vendeur ou le bailleur doit le remettre dès la première visite, daté de moins de six mois. Les annonces immobilières doivent renvoyer vers Géorisques.
- Vigicrues : niveau des cours d’eau surveillés, avec une vigilance en quatre couleurs.
- Vigilance Météo-France : vent, orages, pluie-inondation, crues, canicule, neige.
- FR-Alert : en cas de danger imminent, une notification arrive sur tous les téléphones présents dans la zone, sans inscription ni application. Elle ne passe pas en mode avion.

2Se préparer à une inondation
- Repérez la hauteur d’eau possible chez vous, d’après le plan de prévention des risques de la commune.
- Surélevez ce qui craint l’eau : tableau électrique, chaudière, prises, électroménager, archives.
- Équipez les ouvertures de batardeaux amovibles et posez un clapet antiretour sur l’évacuation des eaux usées.
- Prévoyez une pompe de relevage et un point haut pour vous réfugier, accessible de l’intérieur.
- À l’alerte : coupez l’électricité et le gaz, montez les objets de valeur et les papiers, garez la voiture en hauteur.
- Pendant : ne descendez pas au sous-sol, ne prenez pas la voiture, n’allez pas chercher les enfants à l’école : ils y sont en sécurité.
3Tempête, grêle et vents violents
- Avant la saison : faites vérifier la toiture, les fixations d’antenne et de panneaux, élaguez les arbres proches de la maison et des lignes.
- À l’annonce d’un coup de vent : rentrez le mobilier de jardin, le trampoline et les poubelles ; fermez volets, portes et fenêtres de toit.
- Pendant : restez à l’intérieur, loin des vitres ; ne montez pas sur le toit.
- Après : ne touchez pas aux câbles tombés, photographiez les dégâts avant toute réparation, faites bâcher par un professionnel.
- Assurance : la garantie tempête, grêle et neige figure dans tous les contrats habitation. Elle joue sans arrêté de catastrophe naturelle, en général pour un vent ayant causé des dégâts dans le voisinage.
4Foudre et surtensions : faut-il un parafoudre ?
La foudre endommage surtout les appareils électriques, par la surtension qui remonte le réseau, parfois à plusieurs kilomètres du point d’impact. Le parafoudre installé dans le tableau dévie cette surtension vers la terre.
| Situation | Parafoudre |
|---|---|
| Bâtiment équipé d’un paratonnerre | Obligatoire |
| Zone très exposée aux orages (plus de 25 jours d’orage par an) avec alimentation aérienne | Obligatoire |
| Logement avec équipement dont dépend la sécurité des personnes | Obligatoire en zone très exposée |
| Autres cas | Recommandé, surtout avec du matériel coûteux |
Comptez 150 à 400 € posé pour un parafoudre de tableau. Les multiprises parafoudre protègent un appareil, mais elles ne remplacent pas celui du tableau. Pendant un orage, débranchez box, téléviseur et ordinateur si la maison n’est pas protégée.
Les dégâts électriques relèvent de la garantie « dommages électriques », souvent optionnelle : vérifiez votre contrat.
5Sécheresse et fissures : le retrait-gonflement des argiles
Dans les sols argileux, la terre se rétracte en période sèche et gonfle quand elle se réhumidifie. Les fondations peu profondes bougent, et des fissures apparaissent, en escalier dans les murs et aux angles des ouvertures. Une part importante des maisons individuelles est construite sur ces sols.
- Prévention : éloignez les arbres des façades, récupérez et éloignez les eaux de toiture, réalisez un trottoir étanche autour de la maison.
- Surveillance : photographiez les fissures avec une règle et datez-les ; posez des témoins.
- Indemnisation : elle passe par la garantie catastrophe naturelle, après un arrêté reconnaissant la commune. La franchise légale est alors de 1 520 €.
6Catastrophe naturelle : délais et franchises
| Point | Règle |
|---|---|
| Condition | Arrêté interministériel publié au Journal officiel pour la commune |
| Délai de déclaration | 30 jours après la publication de l’arrêté |
| Franchise légale, habitation | 380 € |
| Franchise légale, sécheresse | 1 520 € |
| Provision | Dans les deux mois suivant la remise de l’état des pertes |
| Indemnisation | Dans les trois mois |
| Surprime dans le contrat | 20 % de la prime dommages depuis le 1er janvier 2025 |
La garantie catastrophe naturelle est incluse dans tout contrat multirisque habitation, et la franchise ne peut pas être rachetée. Sans attendre l’arrêté, déclarez les dégâts à votre assureur, conservez les objets abîmés et prenez des photos. Si la commune n’a pas fait la demande de reconnaissance, c’est au maire qu’il faut s’adresser.
7Êtes-vous prêt ?
Le point sur votre préparation
Cochez ce qui est fait.
8Questions fréquentes
Comment savoir si ma maison est en zone inondable ?
En saisissant votre adresse sur le site Géorisques, ou en consultant le plan de prévention des risques en mairie.
Quel est le délai pour déclarer une catastrophe naturelle ?
Trente jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel. Déclarez néanmoins les dégâts à l’assureur dès qu’ils surviennent.
Quelle est la franchise en cas de catastrophe naturelle ?
380 € pour une habitation, portée à 1 520 € pour les dommages dus à la sécheresse. Elle est fixée par la loi et reste à votre charge.
Le parafoudre est-il obligatoire ?
Dans certains cas : bâtiment avec paratonnerre, ou zone très orageuse avec alimentation électrique aérienne. Ailleurs, il est recommandé.
La tempête est-elle une catastrophe naturelle ?
En général non : elle relève de la garantie tempête du contrat, sans arrêté. Seuls les vents cycloniques exceptionnels entrent dans le régime des catastrophes naturelles.
À retenir
- Géorisques indique les risques recensés à votre adresse.
- Catastrophe naturelle : 30 jours pour déclarer après l’arrêté, franchise de 380 €.
- La tempête relève du contrat, sans arrêté.
- Un kit de 72 heures et des papiers numérisés changent tout.