Commerce, bureau, atelier : sécuriser ses locaux professionnels
Un commerce ou un atelier cambriolé, c’est du stock et du matériel perdus, mais aussi des jours de fermeture et des données envolées. Les exigences ne sont pas celles d’un logement : l’assureur impose souvent un niveau de protection, la vidéo est encadrée par des règles propres aux lieux ouverts au public, et la présence de salariés limite ce que l’on peut filmer. Voici comment s’y prendre, dans l’ordre.
- Diagnostic gratuit
- Alarme et vidéo
- Règles et assurance
1Commencer par un diagnostic
Avant d’acheter du matériel, faites le tour de vos locaux comme le ferait un cambrioleur : accès, points faibles, ce qui se voit de la rue, ce qui s’emporte vite.
Un service gratuit existe : les référents sûreté de la police et de la gendarmerie. Présents dans chaque département, ils réalisent sur demande une consultation de sûreté, sans engagement et sans lien avec un vendeur. Adressez-vous au commissariat ou à la brigade.
- Façade : vitrine, rideau, porte, éclairage.
- Accès secondaires : porte de service, réserve, toiture, soupiraux, cour.
- Valeurs : caisse, stock, outillage, informatique.
- Organisation : clés, codes, ouverture et fermeture.

2La protection mécanique d’abord
| Élément | Solution | Remarque |
|---|---|---|
| Vitrine | Vitrage feuilleté retardateur d’effraction ou film de sécurité | Classe à convenir avec l’assureur |
| Rideau métallique | Lames pleines ou microperforées, serrures latérales, protection du moteur | La grille extensible intérieure laisse voir la vitrine |
| Porte d’accès | Bloc-porte certifié, serrure multipoints, cylindre protégé | Voir porte blindée |
| Voiture-bélier | Bornes, plots ou jardinières scellés devant la vitrine | Autorisation de la mairie sur le domaine public |
| Porte de service | Barre de sécurité, cornières anti-pinces | Souvent le vrai point faible |
| Fonds de caisse et valeurs | Coffre scellé, dépôts fréquents, caisse laissée ouverte et vide la nuit | Voir coffre-fort |
3Alarme, télésurveillance et brouillard
- Alarme certifiée : les assureurs se réfèrent aux matériels certifiés NF&A2P et à une installation conforme à la règle APSAD R81, réalisée par une entreprise certifiée. Demandez ce qu’exige votre contrat avant le devis.
- Télésurveillance : elle assure la levée de doute et l’appel aux forces de l’ordre. Un agent peut être envoyé sur place selon le contrat.
- Bouton d’alerte agression : discret, sous le comptoir, relié au centre de télésurveillance.
- Générateur de brouillard : il empêche de se servir pendant le délai d’intervention. Voir le générateur de brouillard.
- Transmission : vérifiez que la centrale ne dépend pas d’un réseau 2G ou 3G en fin de vie. Voir notre article.
Le fonctionnement des systèmes est détaillé dans nos pages alarmes et télésurveillance.
4Vidéoprotection : les règles à respecter
Les règles dépendent de ce que filment les caméras.
| Zone filmée | Formalité | Règles |
|---|---|---|
| Lieu ouvert au public : surface de vente, accueil, entrée | Autorisation du préfet, valable 5 ans | Panneaux d’information, images conservées un mois au plus |
| Lieu non ouvert au public : réserve, bureaux, atelier | Pas d’autorisation ; inscription au registre des traitements (RGPD) | Information des salariés, consultation des représentants du personnel |
| Voie publique | Interdit, sauf les abords immédiats dans des cas encadrés | Réservé aux autorités publiques |
- Interdit de filmer : les cabines d’essayage, les toilettes, les vestiaires, les locaux syndicaux et les zones de pause.
- Salariés : pas de surveillance permanente d’un poste de travail, sauf circonstance particulière, par exemple la manipulation d’argent.
- Accès aux images : réservé aux personnes habilitées, avec un mot de passe propre.
- Droit d’accès : toute personne filmée peut demander à voir les images qui la concernent.
Le cadre général est exposé dans notre article Caméra de surveillance : ce que dit la loi.
5Clés, codes, caisse : l’organisation quotidienne
- Limitez les clés et les codes au strict nécessaire, tenez-en la liste, changez les codes au départ d’un salarié.
- Fixez une procédure d’ouverture et de fermeture : tour des locaux, vérification des issues, mise sous alarme. À deux si possible.
- Réduisez le fonds de caisse et variez les horaires et les trajets de dépôt.
- Affichez la protection : autocollants d’alarme et de vidéo, mention « caisse vide ».
- Consignes en cas de vol à main armée : ne pas résister, observer, donner l’alerte ensuite.
- Éclairez la façade et l’arrière toute la nuit ou sur détection.
- Marquez le matériel et tenez l’inventaire à jour, avec les numéros de série.
Pour un salarié seul à la fermeture, voir le travailleur isolé.
6Ne pas oublier les données
- Sauvegarde externalisée : un ordinateur volé se remplace, pas le fichier clients ni la comptabilité. Voir la sauvegarde des données.
- Chiffrement des disques et verrouillage automatique des postes.
- Terminal de paiement et caisse : mises à jour, mots de passe changés, accès au réseau Wi-Fi séparé de celui des clients.
- Mots de passe et double authentification sur la banque et la messagerie de l’entreprise : voir mots de passe.
7Vos locaux sont-ils bien protégés ?
Le point sur vos locaux
Cochez ce qui est en place.
8Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour installer des caméras dans un commerce ?
Oui si elles filment une zone ouverte au public : l’autorisation est délivrée par le préfet pour cinq ans. Pour les zones privées, il suffit de l’inscrire au registre des traitements et d’informer les salariés.
Combien de temps peut-on conserver les images ?
Un mois au maximum, sauf procédure judiciaire en cours.
L’assurance peut-elle imposer une alarme ?
Oui. Selon l’activité et la valeur du stock, le contrat peut exiger une alarme certifiée, une télésurveillance, un rideau métallique ou un coffre. Le non-respect réduit ou supprime l’indemnité.
Qu’est-ce qu’un référent sûreté ?
Un policier ou un gendarme formé à la prévention, qui conseille gratuitement les professionnels sur la protection de leurs locaux.
Peut-on filmer ses salariés ?
Les caméras peuvent filmer les accès, le stock ou la caisse, mais pas surveiller un salarié en permanence, ni les lieux de pause, les vestiaires et les toilettes.
À retenir
- Demandez une consultation gratuite au référent sûreté.
- Mécanique d’abord : porte, rideau, vitrine, porte de service.
- Caméras en zone ouverte au public : autorisation du préfet, images un mois.
- Vérifiez les exigences de l’assureur avant tout devis.